Chapitre 5 : Les techniques de chirurgie et médecine esthétiques

La chirurgie des paupières (blépharoplastie) classique et ses limites

Le plus souvent, on aborde la chirurgie esthétique par la chirurgie des paupières. C’est la première opération de rajeunissement pratiquée, bien avant le lifting. Il n’est pas rare, dès quarante ans, d’avoir recours à une chirurgie de rajeunissement des paupières, alors qu’on attend la cinquantaine pour faire pratiquer un lifting.

La chirurgie du regard a beaucoup évolué ces dernières années. Les méthodes se sont affinées, modernisées.

Pour les chirurgiens non formés à la maîtrise du laser, la technique classique de blépharoplastie consiste au niveau des paupières supérieures et inférieures à couper la peau au bistouri, à retendre la peau et à ôter les poches de graisse. Cependant, le résultat ne donne pas toujours totale satisfaction. Ce qui est logique, un seul type de chirurgie ne pouvant résoudre tous les signes de vieillissement du regard. Le traitement des volumes notamment est totalement ignoré par cette chirurgie. Le fait de retirer de la matière, que sont les poches de graisse, sans tenir compte de la rétraction de la peau, aggrave souvent la fonte des volumes. Les quinze premiers jours, tout se passe bien, mais trois mois plus tard, la peau ayant eu le temps de se rétracter, on se retrouve avec un œil rond, inesthétique, inexpressif, appelé également scleral show. En cas de doute sur la laxité de la paupière, sur son niveau d’élasticité, la technique de blépharoplastie classique qui consiste à couper la peau est risquée.

A tout prendre, il vaut mieux garder ses rides plutôt que de risquer un œil rond, un regard modifié. L’alternative dans ce cas est la méthode transconjonctivale. Le chirurgien passe par l’intérieur de la paupière inférieure pour ôter les poches et il traite la qualité de peau ensuite au laser sans couper la peau. Ainsi, il n’y a aucun risque de modification du regard. D’une manière générale, en chirurgie traditionnelle, on a tendance à couper trop de peau et à enlever trop de graisse au niveau des paupières supérieures et inférieures. Conséquence, le regard se creuse, se cadavérise, une fois la peau rétractée. Deux autres techniques sont également sur la sellette.

Le Lifting Frontal, qui relève les sourcils, présente également des limites. Il a pour inconvénients de reculer la ligne antérieure des cheveux et de provoquer une perte importante de cheveux. Il en résulte également un grand front inexpressif. Des raisons qui expliquent son quasi-abandon.

Quant au Lifting Temporal, il laisse comme souvenir des cicatrices pré-capillaires très visibles et il ne tient pas dans le temps, ce qui est fâcheux. On lui reproche aussi de modifier l’expression du regard si le praticien a trop tiré vers les tempes ou le front. Un geste excessif qui peut en outre faire remonter les rides de la patte d’oie de façon anormale et inesthétique.