Chapitre 5 : Les techniques de chirurgie et médecine esthétiques

L’acide hyaluronique : qu’est-ce que c’est ?

Cette substance, naturellement présente dans le derme, joue un rôle fondamental dans le maintien du ciment intercellulaire. Elle donne également sa souplesse et son moelleux à la peau. Avec les années, l’acide hyaluronique diminue en quantité et en qualité. La peau devient alors moins tonique, elle se relâche. L’arrivée sur le marché de l’esthétique, il y a une quinzaine d’années, d’un acide hyaluronique de synthèse biodégradable et d’origine non animale a permis d’inverser cette fâcheuse tendance.

C’est aujourd’hui le produit résorbable qui tient le mieux dans le temps, qui donne les meilleurs résultats et qui est parfaitement sécurisant (aucun test n’est nécessaire avant l’injection). Il s’élimine naturellement dans l’organisme après quelques mois, voire quelques années pour les produits de la dernière génération. Comme la toxine botulique, l’acide hyaluronique a été utilisé à l’origine en ophtalmologie. Ce gel transparent étant parfaitement toléré par l’œil au cours d’une chirurgie intra-oculaire (opération de la cararacte), pourquoi ne le serait-il pas sous la peau? Les premiers essais cependant furent décevants, le produit s’éliminant très rapidement. Avoir une meilleure tenue dans le temps, c’est le combat des laboratoires pour rendre les produits de comblement encore plus performants. Ils ont alors mis au point une technique, la polymérisation ou réticulation, qui consiste à relier entre elles les molécules par des ponts fait d’une substance chimique non toxique, le réticulant, pour ralentir la résorption du produit. On obtient dans le derme, un réseau plus dense et plus homogène, qui résiste mieux aux assauts des radicaux libres et autres enzymes gloutons. Actuellement, il existe plusieurs niveaux de viscosités d’acide hyaluronique, plus ou moins réticulés, donc plus ou moins fluides, qui offrent un temps de résorption très variable selon les indications. Pour rendre la séance quasi indolore, notamment sur les zones sensibles comme la bouche ou les sillons nasogéniens, le praticien peut utiliser un acide hyaluronique doté d’un anesthésique. L’avantage de ce produit de comblement, c’est qu’il couvre un large panel esthétique, de la très fine ridule à la ride profonde sans oublier sa capacité à apporter du volume. Un acide hyaluronique fluide peu polymérisé va traiter toutes les petites cassures cutanées du visage et les micro-rides péribuccales de façon invisible.

«Je travaille avec des aiguilles hyper fines qui laissent passer un acide hyaluronique très fluide. Sous microscope, je peux ainsi combler des micro-rides du tour de bouche ou de la joue, qui se voient à peine à l’œil nu».

Sécurisant et bien toléré, le produit de comblement résorbable

Pendant des années, on a utilisé des injectables non résorbables pour augmenter le volume de la bouche avant l’arrivée du collagène. Avec les catastrophes que l’on sait, beaucoup de femmes ont été défigurées par ces injections, les effets dramatiques survenant parfois dix ans après l’injection. Un dicton sur les silicones dit : trois ans de bonheur, vingt ans de malheur. « Aujourd’hui, il existe toujours sur le marché des produits permanents et semi-permanents, qui ne sont pas sans risques et que je me refuse à injecter ». Avec un produit non résorbable, le volume est obtenu par l’induction d’une fibrose. Or, une fibrose, c’est une cicatrice interne, qui peut être palpable au toucher, et qui perdure dans le temps. La consistance obtenue n’a rien de commun avec la souplesse et le moelleux des tissus du visage. Les mimiques trahissent également la présence du produit, on voit de grosses pommettes figées ou qui bougent en bloc. De plus, les années qui passent n’améliorent pas le résultat, car en vieillissant la graisse fond, il ne reste alors que la peau sur la fibrose. Le résultat est particulièrement inesthétique. Un praticien esthétique doit constamment avoir à l’esprit la sécurité de sa patiente, la règle d’or en médecine étant, d’abord ne pas nuire. La sécurité, pour le chirurgien comme pour la patiente, c’est d’avoir recours aux produits résorbables, qui apportent eux-mêmes le volume comme l’acide hyaluronique ou la graisse autologue.

Est-ce douloureux?

«Pour éviter la douleur, je travaille avec les aiguilles d’injection les plus fines qui soient, plus fines que celles préconisées par les laboratoires. Plus l’aiguille est fine, moins la patiente ressent l’injection, moins elle a de risques d’avoir des bleus». Il est aussi possible d’appliquer avant l’injection une crème anesthésiante sur les zones les plus sensibles, comme les cernes ou les lèvres.

Lipostructure ou injection d’acide hyaluronique ?

L’acide hyaluronique peut aussi donner du volume. Dans ce cas, il équivaut à une lipostructure lorsque le praticien réinjecte sur la patiente sa propre graisse. «Entre lipostructure ou acide hyaluronique, mon choix est déterminé par le contexte. Si la patiente passe au bloc opératoire pour se faire opérer des paupières ou faire un lifting, une intervention qui désocialise, qui impose de ne pas se montrer pendant une bonne semaine, je pratique une lipostructure de graisse, car c’est un merveilleux produit qui a une durée de vie exceptionnelle. Sans passage au bloc, si l’acte volumateur est isolé, je privilégie l’injection d’acide hyaluronique. Je l’injecte exactement comme la graisse en profondeur sur l’os».

Quelle est la durée de vie d’une injection d’acide hyaluronique ?

La durée de vie dépend du produit injecté, s’il est réticulé, fortement réticulé ou modérément réticulé. Sur les rides de la mimique et les rides superficielles (par exemple les ridules du tour des lèvres), l’acide hyaluronique tient six mois. Sur les rides moyennes, il tient environ un an. Sur les cernes, deux ans. Pourquoi ces différences de durée ? En fait, dans ce cas précis, la durée dépend moins du produit injecté que de la technique d’injection. Quand on injecte sur les pommettes ou dans les cernes, on injecte sous le muscle, l’acide hyaluronique n’étant pas sollicité par les mouvements musculaires, il tient très longtemps, un à deux ans. «Ma technique est d’injecter avec l’aiguille la plus fine possible. Dans les cernes par exemple, cette méthode évite de faire des hématomes et la patiente ne sent absolument pas l’aiguille». La dernière génération d’acide hyaluronique volumateur est une alternative à l’injection de graisse autologue pour les personnes ne souhaitant pas passer au bloc opératoire ou qui n’ont pas assez de graisse à prélever. Il a une excellente durée dans le temps, trois ans environ, car il s’injecte très en profondeur au niveau de l’os à l’aide d’une micro-canule et sur les mêmes zones du visage que l’injection de graisse.